Extension de la motte à stériles des Carrières du Hainaut : une bonne gestion ?

Dans le droit fil de la modification du plan de secteur qui a été accordée en 2019 aux Carrières du Hainaut, pour permettre l’extension de l’exploitation, une demande de permis d’urbanisme sollicite de pouvoir – à nouveau – étendre la motte « SNCB » (en raison de sa proximité avec la voie ferrée) pour y déposer ses stériles (matériaux sans intérêt commercial).

Le dossier soumis à l’enquête publique ne permet pas d’interroger sur le fond la pratique d’augmentation constante des stériles. En effet, on y trouvera une note de calcul justifiant l’équilibre à maintenir entre le coefficient des eaux de ruissellement, la capacité d’absorption du sol, le volume des bassins d’orage et le débit écoulé vers les ruisseaux, la stabilité des versants… Toutes informations factuelles qui n’appellent pas vraiment de commentaires de la part du public.

La question mérite néanmoins d’être creusée, quand on sait qu’à nouveau 30 hectares de terres, actuellement à usage agricole, vont servir à l’entreposage de stériles que les Carrières du Hainaut ne semblent pas disposées à valoriser, comme cela se fait dans d’autres carrières qui ont une conduite environnementale plus volontariste.

Pour rappel, le permis d’urbanisme du 26/04/2004 pour l’édification de la motte « SNCB » exigeait :

– Une valorisation optimale constante des stériles en vue de réduire les volumes déposés ;

– Un phasage dans la mise en œuvre de la motte de manière à ce que l’exploitant poursuive ses efforts en matière de valorisation des stériles.

Force est de constater que ces recommandations n’ont pas été suivies d’effets et que l’autorité compétente ne s’est pas souciée de faire appliquer ces clauses. La motte « SNCB » a été comblée en 12 ans au lieu des 20 ans initialement prévus ! Et en 2017, une nouvelle demande d’extension de la motte est sollicitée et accordée à l’exploitant.

Or en 2016, l’asbl SNE insistait déjà sur la valorisation des stériles exploitables, constatant qu’une autre grande carrière sonégienne, plus soucieuse de son impact sur l’environnement ( ?), n’a pas ce problème de stériles (courrier SNE du 25/11/2016). D’autres carrières mènent des recherches en ce domaine (ex. matériau chaulé utilisable en remblaiement de tranchées ou en fond de chemins d’accès, traitement chaux, en partenariat avec des entreprises de construction/déconstruction), mais cela requiert un peu plus d’efforts de la part de l’exploitant que de simplement déverser ses déchets sur une surface toujours plus étendue.

L’enquête s’est tenue du 27 avril 2020 au 19 mai 2020. L’asbl Sauvegardons Notre Environnement, qui exerce une vigilance citoyenne sur la gestion du territoire sonégien, a participé à l’enquête publique (courrier SNE du 17/05/2020). SNE a demandé à l’autorité communale de veiller à faire respecter le permis antérieur. Revient-il toujours aux seuls citoyens de « veiller au grain » ?

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